Vous vouliez savoir qui se cache derrière votre marque préférée. Voici le Hall of Fame de la Hifi mondiale. Des légendes, des gourous, des usurpateurs ils sont venus ils sont tous là...
Sound & Colors "Le" lieu du high end à Paris. Des choix assumés et affirmés. Pas de valse des marques en ce lieu. De la fidélité, haute...
Présence Audio Conseil Un des plus anciens magasin hi-fi de Paris avec 36 ans d'âge. Spécialiste de produits d'exception, Dcs, YBA, Jmlab Utopia, Wadia, Cello et bien d'autres
Des salons d'écoute superbes et prestigieux dans le marais. Un accueil toujours agréable.
Lyrique Nouvelle adresse
1 Rue Francois Millet
75016 Paris
Et fermeture des portes fin 2011
Jefferson : La magie du son 20 ans de service, à la campagne.
Des marques d'exception: Goldmund, Chapter, Wilson
Jefferson Hifi
43 Grande Rue
90160 PEROUSE
0384222223
ESPACE CINEMA C'est toujours aussi loin mais c'est moins beau:un capharnaüm indescriptible: dommage.
Fabrice Mazzoleni au 1057 av. du Gl de Gaulle RN34 77120 Mouroux Tél.: 0164038338
Elecson Le "Lagarde et Michard" de la hifi. Que des grands classiques au programme: Audio Research, McIntosh, Accuphase, Wilson Audio pour ne citer que ceux là...Pas de surprises à attendre en conséquence.
CTA Perception L'un des plus vieux auditoriums parisiens, spécialistes de marques françaises comme JM Reynaud, Icos et Atoll et anglaises Proac, B&W, Naim...
138 rue Lecourbe
75015 Paris
0145300573
Auditorium CONNEMARA Edgar Morineau vous accueille dans un lieu d'exception et vous fait partager cette indescriptible passion "musicale", au 4 avenue du Président Wilson
93230 Romainville Tel.: 0148430765/0609650253
7/7 sur Rendez Vous
Audio Synthèse Le spécialiste Linn à Paris depuis 1982. B&W également en écoute.
8 rue de Prague
75012 Paris
0143070701
Alain Choukroun Haute Fidélité 40 ans de Haute fidélité vous contemple au 113 rue Cambrone 75015 Paris (Tél. 0140563020).
http://www.hifi113.com/ Alain Choukroun 2.0
Acoustic Gallery Des marques high-end historiques (AR, Conrad J., Nagra, Wilson, B&W aujourd'hui)
Un turnover important au niveau des marques. Trop important?
Certains l'auront peut-être déjà constaté, j'ai inauguré il y a peu une nouvelle galerie de portraits intitulée "Les Bienheureux". Vous pourrez naviguer dans le hall of fame de la hifi, parfois aussi dans ce que je pourrais nommer le hall of shame (cf certaines cravates et chemisettes du plus mauvais goût).
Et je comprends soudain pourquoi certains appareils semblent être sortis d'une galaxie lointaine aux codes bien curieux.
Venez cotoyer les pères fondateurs, les légendes, les grands gourous, les imposteurs, les nouvaux mythes et mettez enfin une image sur tous les grands noms de cet univers impitoyable et souriant.
J'essaierai également d'incorporer avec chaque photo un peu d'histoire de cette grande épopée sonore.
Bonsoir, je publie enfin cette note, restée depuis plusieurs semaines dans mes tiroirs.
J'ai passé une heure en apesanteur un soir de septembre à l’auditorium Saint Germain où se produisait l’ensemble Volta:
Nadia Ratsimandresy et Augustin Viard, ondes martenot Victor Paimblanc, guitare électrique Lucie Antunes, percussions
3 pièces étaient au programme dans cet ordre:
Yoshihisa TaïraLuisances pour deux ondes martenot, guitare électrique et percussions.
Roger Tessier Fissure(s) pour ondéa et guitare électrique
Tristan MurailLes nuages de Magellan pour deux ondes martenot, guitare électrique et percussion
Si j’étais venu à l’invitation de Nadia Ratsimandresy dont l’aura magnétique n’a d’égale que la légèreté et l’élégance avec lesquelles elle survole son Onde, j’ai été subjugué par le travail de Lucie Antunes aux percussions. L’auditorium Saint Germain est une salle merveilleuse de par sa qualité acoustique et la proximité immédiate, évidente avec la scène et qui aura favorisé sans doutes cette révélation.
Quelle exigence, physique, mentale, morale, intellectuelle...
J'ai aimé cette chorégraphie magistrale, la nature des pièces jouées, des oeuvres de rupture partageant tour à tour l’espace entre errance terriennes, projections célestes, incendies stellaires, pluies orgasmiques et tempêtes magnétiques.
Je ne sais pas à quoi ressemble une partition d’onde martenot ni de percussions. J’imaginais hier soir une sorte de BD avec son lot de GooooNG de wizzzzzzzzzzzzz, de splash, un champ dévasté, un Verdun sur papier.
J'ai adoré ce dialogue intense, le rapport charnel, physique du percussioniste à ses instruments, à sa matière sonore et la mise en scène antithétique de l'onde avec ces 3 émetteurs à distance. J'ai été balladé sans cesse entre les deux pôles de cet aimant musical, tantôt avec douceur et subtilité, tantôt avec force et sauvagerie, mais toujours avec un indicible bonheur.
J'ai aimé Taira pour sa délicatesse et sa sensualité, une poétique moderne. Que dire des Nuages magnétiques de Tristan Murail, œuvre la plus complète et la plus aboutie des 3 présentées ce soir là. Une oeuvre puissante aux articulations complexes, d'une ampleur magistrale, un équilibre parfait. Ce sont des moments comme ceux-là qui font que j’aime toujours Paris. L’improvisation y est encore possible pour peu qu’on s’en donne la peine. La beauté accessible si on ouvre les yeux.
J'ai joué avec les nerfs de certains ce weekend en me fendant de ce premier compte rendu peu habituel pour ne pas dire décalé. Alors à tous les adorateurs du CR académique je vais de ce pas m'exécuter (cela reste une image bien entendu, j'ai cru entendre applaudir chez Devialet: humour).
Et puis ne dit on pas qu'il y a ceux qui écoutent la musique et ceux qui en parlent? J'ai décidé d'en parler ce soir.
Tout d'abord je dois reconnaitre que la force de l'âge, même si j'ai su rester très jeune, ajoutée à ce que l'on appelle couramment l'expérience me permettent de ne plus être impressionné par l'étalage de richesse aussi grand fut-il. Je crois même pouvoir dire qu'une certaine distance, garder je sais (et non en un petit personnage vert bien connu, je ne me suis pas transformé).
Ce petit préliminaire opéré, l'écoute de cet ensemble qui pour rappel était composé comme suit:
Enceintes Magico Q3
Ampli Soulution Stereo Amp 710
PréampliSoulution Preamp 720/721
Lecteur intégré Soulution Sacd Player 745
Préampli phono Soulution 750 phono stage
Platine vinyle Spiral Groove SG 1.1 avec bras Centroid et une cellule Lyra (? pour la référence)
Câblage Kharma Enigma Signature
m'a laissé un sentiment douloureux, un goût amer. Non pas parceque je me suis allégé de quelques dizaines de milliers d'euros pour l'acquérir, mais parcequ'il a renvoyé certains de mes enregistrements fétiches aux oubliettes de la production musicale.
Séquence souvenir: vous avez comme moi pu lire ici ou là sous la plume de grands journalistes hifistes, que tel système ne pardonnait rien. Je l'ai durement mis en pratique lors de cette écoute.
Le premier choc est là. Il est toujours très déstabilisant pour ne pas dire plus, d'entendre sonner ses disques de manière aussi saugrenue pour certains d'entre eux.
Et pourtant c'est bien cela le respect de la réalité dont on nous rabat les oreilles à longueur de chroniques et de commentaires nocifs sur certains forums. Ne pas proposer une reproduction linéaire et formatée de tous les enregistrements: n'est ce pas cela la haute fidélité?
Dès lors écouter de la musique devient un sacerdoce, un chemin de croix, une aventure humaine hors du commun, une quête...
J'ai péché par paresse, je l'avoue humblement ici devant vous. Je me suis lové dans le faux, le brillant, le confortable, le luxe aissé, la chair accueillante de mes amplis aux charmes rougeoyants. J'ai complaisamment écouté des ignominies trop maquillées, de la variété boursoufflée, des basses grossières, me suis satisfait d'images vulgaires et provocantes, me suis déhanché sur des scènes violentes et des lumières bizarres et j'en oublie. Mais mon Dieu que c'était bon.
Pour qui accepte la remise en cause, et une fois passés ces premiers instants troublants la suite est un Himalaya sonore, un Nirvana musical sans adjectifs, une évidence brutale et sauvage, une perfection quasi absolue.
Tout est ici cohérence, justesse, infinie grâce, méticuleuse sensualité. Mais aussi quand cela le réclame d'une sauvagerie sans limite, d'une puissance effrayante et jouissive.
Et ce sur tous les critères: scène sonore, timbre, dynamique, registres, plans etc... Tout est paroxistique. Comme ce Buckley élégant, racé, raffiné, divinement précieux: rare. Vous connaissez tous ma suspicion Massekelienne. Mais je reste sans voix devant ce que j'ai entendu ce jour là à partir d'un vinyle. Allez-y et vous ne pourrez plus jamais parler de dynamique, de contrôle, de tenue et de puissance avec les même mots.
Et que dire de ces 2 expériences intimes avec d'un côté Richard Galliano à l'accordéon reprenant une suite de Bach et le Hands de Dave Holland et Pepe Habichuela (une découverte pour moi, merci S&C). Deux instants de magie où le temps se suspend, les frissons vous traversent le corps, où il faut sortir de cette apnée qui vous entraine dans des abysses d'émotion. La pression est forte, un souffle, une inspiration, un silence, une larme, c'est beau.
Magico Q3, Soulution Stereo Amp 710, Soulution Preamp 720/721, Soulution Sacd Player 745, Soulution 750 phono stage, platine vinyle Spiral Groove SG 1.1 avec bras Centroid et une cellule Lyra Kleos, enfin câblage Kharma Enigma Signature.
Fin du casting et manifestement pas d'erreur. Que du beau monde, mais cela ne suffit pas toujours à faire un bon film...
Je suis bien chez Sound & Colours, Paris VIII, et Guy Boselli est mon hôte.
Ouvrez le bal.
Un détour par le petit auditorium où tourne une paire de Magico V2 alimentée par un Devialet (oui je sais), un lecteur Ayre est au manette.
Je me suis déjà largement exprimé sur cet amplificateur, et le comique de répétition ayant ses limites au même titre que la critique acerbe, j'écoute religieusement l'ensemble, avant de passer au grand auditorium dans lequel, les étoiles nous attendent.
Lumière maestro.
Première impression, physique. Les Q3 sont 2 monolithes noirs, tels des totems kubrickiens, conjugant une masse inertielle diabolique et une élégante fluidité. Aucun doute je suis en face de 2 menhirs en hommage à Tezcatlipoca dieu de la musique fantasque (la musique ou le dieu c'est selon). Nous "toquons" aux parois à la recherche d'un son familier, une invitation à entrer, mais rien n'y fait, l'objet est "insondable". Nous nous asseyons.
Acte 1: la scène se passe à l'arrière d'une merco Benz Benz Benz, les "Brigitte" aux micros, une reprise d'NTM. C'est chaud, explicite et sensuel...
Acte 2: Josh T Pearson, sa guitare et cette peau qu'on arrache, un supplice intenable, une beauté absolue extatique raphaélique.
Acte 3: le mont Fuji, un quatuor improbable reprenant le sublimissime "windmills of my mind" du grand Legrand. Une version géniale, inspirée, brillante, mélomaniaque, champ, contre champ, un aigle passe, chant, contre chant, un ange passe.
Acte 4: le repère orthonormé, la pierre angulaire de toute écoute, le bien nommé "Per accompagnarti" du non moins bien nommé Testa (je sais limite sur ce coup). Cuba, des rues crades, des types au fond du bar qui jouent, des masses de fumées, se dispersant en circonvolutions lynchiennes, du velvet au pourpre.
Acte 5: "a fable", virtuose insouciance quand tu nous saisis simplement et joues avec nos sens. Tigran ce jeune pianiste envoutant, envouté, habité, nous délivre de tous nos maux. Un spectre. Un raie. Une transcendance. Une fulgurance. Une éternité.
Acte 6: une apothéose ironique, incongrue, incertaine, déstabilisante, déroutante, dérangeante. La suite n°1 pour violoncelle de Bach en son prélude. Mais quel est cet instrument pour le moins éclectique voire mythologique. Mi-basson, mi-tenor asexué. Mi-jazz, mi-tango. Mi-rouge mi-noir. Mi-clavier mi-hanche. Accordez moi le doute, l'accordéon de Richard Galliano nous à tous mis le doute. Très bel enregistrement.
Acte 7: Dave Holland & Pepe Habichuela, "Hands", au pluriel c'est bien ce qu'il faut pour un triomphe final, une apothéose majeure et sans aucun autre épithète, comme en forme d'épitaphe.
Acte 8 final: deux plages noires, sur Spiral Groove Avenue. Jeff Buckley "Allelujah", élégie raffinée, élégante, sensuelle. Le vinyle tout en nuance nettoie l'oeuvre de ces scories geignardes pour délivrer un message céleste. Et pour finir le petit transport Masekela "tchou tchou". Qui a dit que le vinyle n'en avait pas? Les murs viennent de reculer d'un mètre, et Hugh a défait mon brushing.
Bel exemple de la témérité déployée par certains exposants, avec ici les toutes nouvelles enceintes 2 voies Rockport Alya "poussées" par le "kolossal" Colosseum de chez Gryphon, un préampli Gryphon Mirage?, et une source intégrée emmLabs le tout cablé en Fono Acustica Armonico. Atmosphère de clair obscur pour cette démonstration made in "Fusion Acustic".
J'attendais beaucoup de cette écoute que j'avais réservée pour la fin de mon périple. Oui je voulais finir sur une bonne note. Cela n'aura pas été le cas malheureusement. Un manque de tempérament évident, de la dentelle bien ciselée mais peu d'inspiration. Non, au regard de l'armada déployée pour faire sonner les très discrètes Alya le résultat est très décevant. Voilà je lui ai trouvé un surnom: la discrète.
A 30k€ la paire de 2 voies, je vais sans hésitation me diriger vers une Magico Mini II (elle n'est plus au catalogue certe, mais c'est pour renforcer le trait), une "biblio" assumée, et de quelle façon.
Toujours au dernier étage un quart d'heure de patience me permet de faire l'écoute des toutes nouvelles Dali Fazon F5 accompagnées des électroniques Audionet de retour en France, après une brève éclipse. Un ampli intégré de la marque, pilote les "petites" Dali. Oui la première surprise est leur taille "ridicule" très "WAF" pour reprendre un terme cher à l'audiophile dépité. Leur forme originale mais pas révolutionnaire puisque déjà vues au moins deux fois (je cherche encore désespérément les marques dont une française il me semble mais peu importe) les distingue du reste de la production. Petite donc mais efficace, tout d'abord en terme de capacité à remplir l'espace proposé, qui est d'un beau volume faut il le préciser. Passées les premières minutes déstabilisantes, il faut dire que le MC à l'oeuvre, un ami allemand à l'anglais charmant, vient de nous passer en guise de mise en bouche un Carla Bruni. Il nous déclare tout de go être sous le charme non pas des mignones "Dali", mais de la femme de notre président dont il apprécie le sens du tempo et la délicatesse du phrasé. L'axe "Franco-Allemand" n'est plus une utopie. Mez' amis, levons nous et chantons une pétite chanzon:
"Quatre consonnes et trois voyelles c'est le prénom de Raphaël, Je le murmure à mon oreille et chaque lettre m'émerveille, C'est le tréma qui m'ensorcelle dans le prénom de Raphaël, Comme il se mêle au "a" au "e", comme il les entremêle au "l", Raphaël..."
Au final même si les "Fazon" ne s'en sortent pas trop mal, il n'y a pas de quoi casser 3 pattes à un canard, ni 2, ni 1 d'ailleurs. Un bon produit, bien marketé, bien fini, logeable dans tous les intérieurs avec cette touche "design" qui pourra plaire à certain(e)s. Elles pourront trouver place aux côtés du Parrot ziKmu de Ph. Starck et de l'AeroSystem One designed by JM Jarre.
Je sors dans le couloir le moral en bandoulière, un peu frustré, un brin mossade... Je ne peux pas quitter ces lieux sur une telle note (je ne parle pas de la qualité musicale de l'oeuvre de Carla Bruni-Sarkozy). Dans ces cas là pas d'hésitations, il faut revenir aux basiques, aux valeurs sûres, à la pierre, à l'or en barre, direction Goldmund.
Retour au -1 "salon Louis Armstrong B", oui je sais la dénomination des auditoriums aurait pu être plus glamour, on sent le brainstorming féroce, ou peut être, l'abus de breuvages euphorisants un midi lors d'une réunion, que nous, français, aimons conjuguée avec le goût et avec goût, n'est-il point.
Jefferson est parti déjeuner. Comme quoi.
L'ensemble Goldmund ci dessus n'est pas en démo. En revanche sur le côté droit de la pièce une "composition" épurée joue pour...personne.
Je m'assois. J'écoute. Je m'étonne. Je me redresse. Je tends l'oreille. Je sors mon appareil photo. Je mitraille doucement. Je range mon appareil photo. Je suis là. Je suis bien. C'est très bien. C'est quoi. C'est ça...
Une Tanagra Iris accompagnée par un full Goldmund très discret pour le coup.
Cela marche admirablement bien. Le concepteur des enceintes répond à quelques interrogations d'audiophiles perplexes (oui l'audiophile est facilement destabilisé par ce qu'il feint de ne pas comprendre, car l'audiophile feint souvent. Il feint d'entendre, il feint de ne pas entendre, il feint parfois d'entendre ce qui ne s'entend pas et de ne pas entendre ce qu'il feint d'entendre, vous me suivez? Je sais il est tard). Tanagra est le résultat d'une cission chez Apertura. Le monsieur est parti avec les caisses, pour refaire sa vie, un divorce à l'italienne, d'un grand classicisme je vous dis.
Voilà, un petit instant magique en compagnie de cet ensemble. C'est précis, c'est juste, avec de la matière. Les timbres sont admirables de raffinement, le grave est articulé, c'est fluide et rapide comme le vent, la musique vit en ce lieu et c'est un réel plaisir. Merci messieurs.
Une de mes enceintes préférées, mais cela va finir par devenir un sacerdoce à force de démonstrations calamiteuses et d'assemblages loufoques.
Encore une reflexion d'ordre général concernant ce salon. Beaucoup d'importateurs et de fabricants y exposaient et pas ou plus aucun magasin en propre. Le rapport de force serait-il en train de changer? Ou plutôt les fabricants ont-ils enfin pris conscience du peu de valeur ajoutée qu'apporte bon nombre de magasins en France. La conséquence de cette redistribution, si cette analyse est juste ne va pas vers une démocratisation des prix dans notre beau pays. Et pourtant la hifi y est encore trop chère comparativement aux autres états majeurs européens comme l'Angleterre et l'Allemagne.
Autre constatation, l'étrangeté de certaines compositions, assez éloignées des canons habituels voulus par les ayatollahs de ce sombre univers. Nous sommes ici assez loin du sacro-saint équilibre entre les différentes composantes d'un système équilibré, qui voudrait que l'enceinte représente 30% du budget, les électroniques 30%, la ou les sources 30%, et les accessoires le reste.
Il faut bien reconnaître que l'exemple ci dessus, Avant Garde Duo Omega drivées par un Micromega intégré fusse-t-il "révolusonnaire" va encore conforter l'intégriste hifiste dans ses convictions.
J'en fini donc avec cette écoute, qui fut pour moi la plus effroyable réalisée sur base de Duo Omega.
A ma droite la sublimissime Kharma Elegance (dB7?), clin d'oeil Aston Martinien? en démonstration dans le salon neo high-tech Devialet. Un peu de "bousculage" des conventions hifistico-saloneuses. De petits fauteuils "poufs" au design improbable peuplent ce carré de moquette, tel des champignons boursoufflés mais non comestibles. Pour le coup ils sont particulièrement inconfortables, rebondissants et "indécents". Je n'aurais pas voulu être une femme et me poser négligemment sur ce réceptacle, sauf à aimer les sensations coquines solitaires. Je divague à nouveau. Le risque est très limité au final, n'ayant croisé en tout et pour tout que 2 représentantes de la gente féminine en la présence des hôtesses Steinway. Le monde de la hifi reste comme celui de l'automobile un univers bien masculin et impitoyable. Je m'interroge parfois tard le soir, si un jour à l'instar du salon de l'automobile nous verrons des jeunes femmes "courtement" vêtues prendre des pauses languissantes sur une Davis Karla...
Non nous n'en sommes pas encore là, jusqu'à l'année prochaine tout du moins.
Reprise.
Enceintes Kharma, ampli/source/dac/micro ondes/ miroir/ plaque vitro céramique Devialet. Encore un exemple de cette propension à transgresser les idées reçues de la hifi. Je me suis déjà longuement exprimé sur cet appareil. Design sublime, marketing exceptionnel, innovation performante, le génie français tel qu'il existe chez nous et ce n'est pas une boutade. Mais bon de là à faire rugir de plaisir des Kharma ou des Focal de la gamme Utopia... Et mon expérience d'hier vient confirmer la règle. Les Kharma étaient "tenues" mais bridées, le message écourté ou mal délivré dans le grave encore une fois, un peu comme les "champignons" du dessus, boursoufflé. Une écoute générale sans âme, sans vie. Mais tout le reste est parfait. Tout dépend donc de ce que l'on attend avec ce genre de produit. Si c'est aller "taper" du client chez B&O, la voie est royale.
Juste à côté: Ktêma sur un ensemble full Accuphase. Une très bonne surprise sur le fond, même si la forme me laisse encore rêveur. Le démonstrateur, figure de la hifi parisienne dont j'ai oublié le nom, il me pardonnera, a du faire ses classes au Club Med en 1975.
Bref les Ktêma sortent du cerveau manifestement fertile de Franco Serblin concepteur des Sonus Faber qui après avoir vendu son entreprise au fond d'investissement Quadrivio déjà propriétaire d'Audio Research, est allé planté sa tente dans le champ d'à côté. Le design n'est pas très éloigné des SF, on sent la filiation immédiate, la recherche obsessionnelle de relation entre le coffre de l'enceinte et l'instrument de musique (ici violoncelle ou contrebasse), jusqu'aux petits évents latéraux en forme de frise.
L'écoute est très plaisante avec une belle cohérence des registres, une assise dans le grave sans faille, de la maîtrise et de la tenue. Le medium aigu est similaire au SF avec de beaux timbres. La scène est elle aussi cohérente en largeur et profondeur. Les détails affluent sans être omniprésents, en bref la musique déroule avec aisance et sensualité. Une belle écoute à confirmer.
Deux nouvelles constantes du monde de la hifi en résonance avec les Ktêma, à savoir la consolidation avancée sur tous les segments du marché depuis l'entrée de gamme, jusqu'au très haut de gamme. Le dernier exemple en date étant le mariage entre Focal et Naim. D'autres transferts se sont opérés ces dernières années avec moins de publicité, mais avec tout autant d'efficacité. Enfin le loisir laissé aux propriétaires sortants, de recréer des marques un peu plus loin sans inquiétude, est très exotique.
Le rideau rouge en arrière plan donne à cette représentation 100% française une certaine théâtralité. P.E.L et Atoll se sont donnés la main aujourd'hui. (Adriana Karembeu n'est pas dans la salle. Pardon elle était très mauvaise).
En démonstration les Kantor S2 de chez Pierre Etienne Leon et la série 400 du créateur bas-normand.
C'est très propre et très gentil. Le problème souvent rencontré par les fabricants lors de montée en gamme est le maintien de la cohérence des registres. L'exploration des contrées hostiles du grave est bien souvent un exercice qui vient mettre à mal les équilibres du passé. Nous touchons ici à ces limites. La section grave est encore mal définie et vient perturber le reste du message en le rendant pour le moins lisse. On garde quand même sur le medium aigu cette belle capacité des P.E.L, qui en font des enceintes séduisantes mais qui m'ont toujours lassé par leur manque de surprises...
Une grenouille vit un boeuf Qui lui sembla de belle taille. Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf, Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille, Pour égaler l'animal en grosseur. Disant : " Regardez bien ma soeur; Est-ce assez ? dites-moi; n'y suis-je point encore ? Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. M'y voilà ? Vous n'en approchez point " La chétive pécore. S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages: Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout petit prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages.
L'ensemble Dynaudio Focus 160 + intégré Music Hall et lecteur du même fabricant est à la hifi ce que la Renault 5 GT Turbo était à l'automobile à la fin des années 80. Il y avait aussi ceux qui préféraient la Ford Escort III.
Mais je m'éloigne à nouveau.
Retour aux choses sérieuses avec cet impressionnant équipage, Dynaudio C4 et électroniques full Electrocompaniet autour des blocs Nemo.
Les C4 dans cette magnifique livrée n'ont pas pris une ride. Je les ai écoutées pour la première fois il y a plus de 10 ans. Dynaudio c'est toujours un grosse énergie dès les premières notes, une sorte de coup de pied de l'âne. Et puis on finit toujours par se poser des questions. Le point d'écoute optimal pour ne pas faire dans l'anglicisme cette fois prend tout son sens à cet instant. Hors de cette zone idéale la musique semble scotchée aux enceintes. Mais dès lors que l'on se trouve dans le triangle magique, l'ensemble délivre son message avec brio. On retrouve des timbres et une hifi moins "jésuitique" que celle proposée trop souvent. Je pense pour ma part qu'une source autre que de l' Electrocompaniet aurait apporté ce petit plus "magique" et indicible pour transcender ce système et le rendre exceptionnel.
Toc toc toc... entre ici...
Le salon Quad est vide quand j'y pénètre.
C'est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
.... amplificateur intégré Vitus, lecteur de CD Vitus, DAC Weis et enceintes YG Kipod II.
J'ai longuement patienté afin d'écouter ce système que je trouvais très élégant et prometteur au demeurant. Une petite parenthèse d'ordre général avant de poursuivre avec mes écoutes d'hier. De nombreuses tendances sont maintenant ancrées dans l'univers de la hifi haut de gamme. Tout d'abord le vinyle présent dans quasiment toutes les démos, au côté de la musique dématérialisée (cf. la photo ci contre où le MacBook trouve sa place sur un support Finite Element du meilleur goût). C'est le grand écart hifiste, la paradoxe moderne absolu. A côté de ces tendances, il faut louer les exposants pour la qualité des mises en oeuvre de plus en plus abouties, même si elles ne plaisent pas toujours, la dimension commerciale faisant son oeuvre. Le travail sur les accessoires est manifeste, les meubles rivalisent d'esthétique et de technicité, les câbles sont de plus en plus.... gros, "alambiqués", et chers (je cherche juste à flatter l'objectiviste qui lira ces pages, on ratisse comme on peut).
Et dernier fait avéré on trouve sur tous les stands des correcteurs acoustiques dont la plupart ne sont pas dénués de valeur esthétique, et si je me laissais aller je pousserais même jusqu'à un certain sens artistique. Mais revenons dans la salle "Miles Davis B" où nous attendent ces magnifiques enceintes YG. Elles sont vraiment très réussies. Pardon mais je vais de nouveau digresser, sur une réalité intangible de la hifi contemporaine à savoir l'esthétique. Il faut reconnaître que des efforts énormes ont été faits ces dernières années pour proposer des matériels au look de plus en plus séduisants. Comment aurait-il pu en être autrement?
Donc en ce lieu une enceinte YG qui, si le ramage se rapporte au plumage risque fort de provoquer un lachage de fromage dans les règles de l'art...
Un audacieux pari, certes pas totalement nouveau, l'association d'une "biblio" indépendante assise sur une section de grave bien pensée peut donner sur le papier des résultats ébouriffants. Dès les premières notes tout se confirme. Un grand pouvoir de résolution, une belle fluidité, une dynamique tout en cohérence, un beau grave articulé, en un mot une séduction immédiate. Passée le temps de la première impression on voudrait continuer, creuser le sillon, deviner les multiples facettes de ce très bel ensemble. Il n'en sera rien et j'enrage. La faute à un environnement sonore absolument épouvantable. Le salon YG/Vitus est coincé entre celui des Kef à gauche et celui des Verity Audio à droite. Et ça gueule à tue-tête. Est-ce que quelqu'un pourrait demander que le tapage (car il s'agit bien de cela) cesse dans les pièces voisines.
Je sors...et j'enchaîne:
Davis Karla, gros intégré Gryphon, source Teac (je crois de loin):
Pas de miracle. On se croirait dans un western raté avec la cavalerie qui arriverait avant les indiens, vous me suivez. Un grave mal défini, et un sentiment de rapidité excessive. Une autre fois peut être
Kelinac/Icos intégré + source:
La nouvelle mouture Kelinac, une association 100% française et un résultat sans grande surprise. Pas mauvais mais pas exceptionnel non plus. Comme toujours la Kelinac pousse très fort et très loin, mais on attend plus.
Apertura/Ayre/Esoteric:
RAS.Insipide. Une proposition sans saveur, une hifi plan plan.
Je parle de l'assemblage bien entendu comme précisé dans mon préambule. Vous connaissez tous la plus grande estime que je porte au préampli Ayre (une des plus belles réussites ces 5 dernières années). Une erreur de casting en somme...
Attention, petit passage expéditif sur les pièces suivantes. L'heure de déjeuner et rien dans le ventre ont du rendre mon organe auditif un peu moins performant.
Passons donc rapidement sur cette assemblage Brinkmann et Isophon que je connais assez bien pour l'avoir entendu plusieurs fois. Je le trouve ennuyeux au possible. Je parlais de chichis tout à l'heure, une écoute "hifiste" un peu caricaturale à mon goût: le problème du tout céramique peut être?
Pièce suivante, des panneaux Analysis drivés par un intégré Dartzeel et un lecteur CDC Nagra. J'ai encore beaucoup de mal à croire que le panneau ait un avenir dans la Hifi. L'esthétique de ces produits me laisse songeur pour tout vous dire, mais le propos n'est pas là et je ne suis pas non plus le tenant d'un bon goût absolu, quoi que. Donc au niveau du rendu sonore, c'est l'outil idéal pour les amoureux de la clochette au fond à droite et du triangle dérièrre la grosse caisse, fermez le ban.
Bonsoir. Je reprends un peu de service suite à ma visite aujourd'hui au salon "Haute Fidélité" à l'hôtel Mariott dans le XIVème.
Petit propos liminaire pour définir le périmètre de cet exercice toujours délicat du compte rendu d'écoute lors d'un salon. Il ne s'agit pas ici d'organiser un bal trap, et mon expérience du thuriférariat s'est malheureusement arrêtée il y a de nombreuses années. Je vous vois sourire, je ne regrette pas cette période, et aucun brin de nostalgie n'effleure les touches de mon clavier. Pas de concessions ou si peu, juste un ressenti sur des systèmes complets. Délicat donc au regard du peu de temps consacré à chaque écoute d'isoler tel ou tel composant.
Le premier commentaire ira à l'assistance, nombreuse en ce samedi matin dès l'ouverture. Le nombre d'exposants est assez ramassé cette année. L'organisation des écoutes demanderait vraiment à être une bonne fois pour toute établie avec des écoutes alternées pour les auditoriums mitoyens de 1/2 heure en 1/2 heure pour éviter la cacophonie et les va et vient permanent avec claquements de portes et j'en passe. La médaille d'or reviendra incontestablement au salon Steinway où il fallait s'inscrire pour pouvoir écouter le système. Des files d'attente, de la frustration, parfois même un peu d'énervement, tout ce que j'aime et qui colle si bien à l'aspect exceptionnel de cette présentation.
Je commence par la fin, et amateur de paradoxe par la seule écoute que je n'ai pas faite, justement sur le système Steinway, qui bénéficiera du doute pour aujourd'hui. Je vous glisse quand même une illustration au déboté que j'aurais pu sous-titrer en paraphrasant un chanteur "mièvre" "Voir sous les jupes des filles...".
C'est parti. J'ai débuté mon pélerinage par ce qui représentait mon objectif majeur du jour, j'ai nommé Audionec. Et j'ai cru en franchissant les portes du salon "le pont des arts B" (sic) que les fées s'étaient penchées sur mon lit ce matin.
Dès les premières notes la musique prend vie (j'ai déjà entendu cela quelque part, pas vous?). En résumé c'est d'une évidence absolue. La scène, les plans, les timbres sont là. Les timbres nous y reviendrons tout au long de cette journée car beaucoup de systèmes en ont manqué. Je sais c'est le genre d'hyperbole qui agace le "pragmatique". J'ai eu à un certain moment la sensation que la hifi moderne tout en se renouvelant avec le disque vinyle (comme quoi je ne suis pas le seul adorateur du complexe et du paradoxe), avait une fâcheuse tendance à l'épure pour ne pas dire de décharnement. Mais je m'égare.
Peu de tubes d'ailleurs il me semble...
Une très belle écoute chez Audionec, pour revenir à ce qui vous intéresse, avec toutes les composantes qui font que la hifi continue de me séduire par son inventivité et sa capacité à restituer des émotions rares. Une foison de détails dans un ensemble homogène et juste, un accord majeur. J'aurais pu rester dans cette salle toute la journée et bien m'en aurait pris.
Ah, j'allais oublier, le seul petit bémol reste le look improbable de ses vecteurs sonores, à mi chemin entre un vaisselier designer par Jusles Verne, un droïde oublié de Star Wars III et une tentative avortée de mobilier urbain pour la ville de Dôle.
Je n'ai rien contre la ville de Dôle faut il le rappeler.
Acte 2: preuve de ma grande magnanimité et de ma grande ouverture d'esprit je me décide à entrer dans la salle "Triangle", où l'équipe d'Espace Cinéma renforcée pour le coup par une armée Triangulaire s'apprête à lancer la bête Magellan soutenue par une escouade Accuphase.
Je crains le pire et je me trompe, tout du moins dans un premier temps. L'ensemble n'est pas trop montant (la tempérance Accuphase!), et le message semble plutôt cohérent. Ne nous emballons pas, je n'ai pas ressenti le grand frisson. Et quand on envoie enfin du message lourd et complexe, les choses se gâtent un peu. Le grave ne semble pas vraiment articulé, l'homogénéité de l'ensemble se distend et l'émotion ne passe hélas pas encore pour moi. La salle est grande et pleine, et le public attentif et courtois puisqu'il écoute religieusement sans quitter la salle en douce.
Je ne passerais pas encore mes vacances avec M. Triangle cet été, et je le regrette sincèrement.
Acte 3: je change d'étage. Me voici au niveau -1 dit "les clubs de jazz". Direction la salle trois. 2 systèmes sont en place autour d'enceintes Verity Audio, les plus petites sont en démonstration, il me semble reconnaitre des Parsifal, un disque vinyle tourne sur une platine Kuzma et l'amplification est entre les mains d'un Nagra 300i. C'est beau. Le vinyle à
ce niveau est magique. La Parsifal est une enceinte vraiment bien timbrée, la scène sonore est parfaitement crédible, les plans sonores sont clairement définis, c'est dynamique, c'est détaillé, aéré, une très belle écoute. Je ne sais pas si c'est charnel, et si cela peut donner des frissons tous les jours mais là ça marche. Le lecteur Nagra CDC prend le relais et cela opère toujours. Je suis repassé dans la journée pour écouter les grandes soeurs et les puristes vont m'en vouloir car je n'ai pas regardé quelle référence était en démonstration: Amadis? Sarastro? avec du Dartzeel sur scène. Et là une déception mesurée mais une déception quand même. Trop "chichiteux", là où les Parsifal étaient justes, les "grandes" en font trop dans le détail, dans l'articulation, je repars.
Acte 4: je me prosterne devant toi au grand totem de la hifi. Deux Blades se dressent là dans la salle "Miles Davis" tels 2 menhirs à Carnac. A leurs pieds d'autres menhirs couchés cette fois avec 2 Pass monumentaux. Je peux dire que l'ensemble à une gueule certaine pour ne pas dire qu'il en jette grave. Passera-t-il le supplice du Cd mystère. J'ouvre ici une petite parenthèse musicale sur les enregistrements dont on m'a abreuvé aujourd'hui. Tout d'abord pas un seul Masekela à l'horizon et c'est un premier miracle. Il n'y en aura pas d'autres hélas. Comment dire, il y a de plus en plus de disquaires dans ce genre de manifestations (Elite Diffusion, Jazzybird, Quobuz...), mais toujours aussi peu de surprises. Non personne pour passer Brigitte et son "Benz benz benz...". Encore quelques disques de démo qui trainent de ci de là. En fait là hifi est un peu comme la course cycliste, il n'y a plus d'EPO parait il. Et que dire de certains choix absurdes qui provoquent des désertions massives de salle sans aucune réaction du DJ en place. Certaines marques font appel aux "figures" de la démonstration hifiste, sortes de "parrains" d'un autre âge, qui faute de culture musicale ou de capacité pédagogique nuisent plus qu'ils ne valorisent le message. A quand un véritable "show" musical avec de l'histoire de la musique, des anecdotes pertinentes, un vrai travail de mise en valeur quoi(je sais je rêve).
C'est la fin de ce premier chapitre... ah pardon, oui, les Blade, commment dire, c'est un peu comme cette jolie fille blonde que vous avez draguée l'autre jour et qui vous a regardé droit dans les yeux en vous disant "qu'essss ta boloss". Voilà on ne fait pas partie des mêmes choses, nous ne concourrons pas du même principe, en d'autres termes il n'y avait pas de quoi se prosterner, je me redresse d'ailleurs. Ecoute montante ce qui est un comble avec du Pass et de la confusion dans le bas du spectre. Peu ou pas de timbres, une écoute assez neutre et lisse au final. Déçu. A réécouter peut être avec d'autres électroniques. Dommage car je les verrais bien dans mon salon.
En rôdage actuellement des valeurs sûres, des valeurs "refuge" qui ont déjà cohabité dans mon salon par le passé et qui finiront par voguer ailleurs prochainement. Tout d'abord les enceintes Audiophysic Avanti V, associées à une paire de blocs Air Tight ATM3 et un préampli Accuphase Vintage C-240. J'ai eu quelques temps ici à ma droite un préampli MBL 6010C, anthologique: précision, équilibre, timbre, cohérence et homogénéité des registres, finesse et détails, Très grande musicalité au final... J'ai du m'en séparer auprès d'un heureux homme en Dordogne. Je le regrette aujourd'hui. Probablement avec le recul le plus agréable préampli ayant séjourné chez moi. L'accuphase possède lui aussi 2 entrées phono, mais présente la musique avec moins de noblesse et de richesse. Au final et au regard de son prix ce préampli est un produit exceptionnel.
Pour les sources, pas de changements, toujours le G08 de chez Meridian, un Linn Unidisk SC fraichement débarqué et la platine Project RPM 10.
Les joies du rôdage...
Même en ayant présent à l'esprit ce paramètre il est toujours difficile de connecter un système avec patience et attention, pour en entendre sortir des les premières notes une soupe infâme, brouillone et j'en passe.
Cela pousse toujours à plus de méticulosité dans les premiers réglages et branchements.
Vérification des phases pour plus de sécurité.
Aahhhh. Les blocs n'étaient pas bien phasés.
Subjectivement l'oreille perçoit une différence comme pour mieux se rassurer. La soupe est toujours au menu...
Patience.
2 jours plus tard, début d'ouverture, mais pas encore d'euphorie.
3 semaines plus tard et quelques heures de vol au tableau de bord les choses se précisent.
Je déménage bientôt pour un salon plus approprié car aujourd'hui avec ma pièce carrée les Avanti dont le grave est quelque peu vitaminé ont tendance à mettre la pièce en résonnance, assez désagréable.
Sinon les ATM3 ont incontestablement de la tenue, le jeu entre le mode triode ou ultra linéaire est assez amusant suivant le type d'écoute souhaité et le genre musical écouté. Je reste pour ma part un adepte du mode triode avec ses 55 watts. Je me rends compte aujourd'hui encore, à quel point mes blocs Ear Yoshino 509 mkII étaient capable de délivrer de la Musique avec naturel et maitrîse. Enfin un brin de nostalgie me saisis à la pensée de mon Mc225 tout juste parti et qui n'a que peu d'égal sur le médium aigu toutes catégories de prix confondues.
Passage rue de Rome pour écouter les Sonus Faber Stradivari "Homage" dans leur robe graphite: c'était la dolce vita...
Pendant 2 heures elles m'ont fait les yeux doux. Je sais cela n'a pas grand chose à voir avec une quelconque considération "audiophile" ni musicale mais peu importe, ces enceintes sont à se damner. La qualité de fabrication est époustouflante et quite à dépenser 30000€ dans une paire d'enceintes pourquoi ne pas en profiter pour avoir une oeuvre d'art dans son salon. Le coup de coeur esthétique est à vrai dire un danger en soi, car il situe immédiatement le niveau d'attentes en matière de qualité sonore à des hauteurs stratosphériques.
Mais commençons par le lieu qui n'a pas changé depuis mon dernier passage. Un des auditoriums les plus minuscules de la scène "hifiste" française. Pas vraiment bien foutu, bruyant par moment, mais qui fonctionne très bien, j'entends commercialement, à en croire les derniers chiffres publiés mais surtout par le passage régulier de clients, afficionados et autres égarés soniques comme moi.
L'ensemble en écoute est le suivant:
Enceintes Sonus Faber Stradivari Homage
Préampli Acciphase C2800
Ampli Air Tight ATM1s
Lecteur de CD Accuphase DP 500
Filtre secteur PS Audio
Le rendez vous avait été pris il y a une semaine. Le système était prêt, chaud, immédiatement accessible et Martial en maitre de cérémonie m'attendait de pieds fermes pour cet instant musical.
Après quelques plages passées par mon hôte nous passons aux choses sérieuses avec ma série de CDs triés méticuleusement ce matin.
Regina Spektor "The consequence of sounds": gros pouvoir de description immédiat, scène spacieuse et tri dimensionnelle. Plans sonores déstabilisants. J'ai l'impression de me perdre un peu et la magie n'opère pas vraiment. Et quand Regina monte dans les hautes couches de l'atmosphère l'ATM1s me semble à genoux. L'attente vous disais-je, l'attente...
Gian Maria Testa "Per accompagnarti": perfection "scénique", étagement des plans sonores éblouissant, de la matière, des timbres soyeux, c'est la grande classe, un voyage en Bentley. Cependant encore un léger manque de dynamique à mes oreilles, pouvant provenir du lecteur Accuphase (pas un grand nerveux) et de l'ampli Air Tight.
Bojan Z "Ulaz" puis "Zeven": comme dirait mon boucher préféré ça envoie sévère.
Archie Sheep & NHOP et le fameux "Moose the Mooche": le grand frisson sur le saxo de sieur Archie, jamais entendu un sax aussi réaliste, j'aurai pu le toucher du bout des doigts, réellement bouleversant. En revanche la contrebasse de NHOP est elle trop propre, hyper articulée, précise mais manquant de punch. Un comble pour l'ami Niels-Henning. Le grave est "clean" mais trop court. Cela ne descend pas assez bas, et ce n'est définitivement pas la faute des enceintes mais les limites d'un ATM1s au supplice. Je pense que les blocs ATM3 auraient été plus adaptés à ce tour de force, mais voilà ils ne sont plus au magasin (ils sont chez moi depuis 1 semaine).
Josh T Pearson "Honeymoon's Great: Wish you were her": crépusculaire, je suis dans la chiesa di San Pantalon, pétrifié sous le plafond monumental, deux trous rouges au côté droit, mon âme saigne. L'ordonnancement de la scène est exceptionnel, la présence bouleversante de réalisme même si une fois encore les timbres ne sont pas les plus beaux que j'ai entendus. Sur ce genre de morceau l'ensemble donne sa pleine mesure.
Selah Sue "This world", "Peace", "Raggamuffin", "Crazy vibes": un enchainement de feu, de l'énergie et du punch quand même dans ce système. En fin de séance Martial passera quelques nouveaux morceaux de son cru, compilés et qui ont l'art de mettre en valeur l'ensemble. Cela percute fort tout de même.
Brigitte "Ma Benz": le clou du spectable. Tout simplement magique. La salle d'écoute doit faire 15m² et je me suis cru à l'Olympia en live, en 3D, en vrai, en chair et en os (en chair de poule d'ailleurs), en l'occurence, emporté par la foule en merco Benz.... La reprise d'NTM est à ce point réaliste que le stupre suinte des murs, la température est montée de plusieurs degrés, nous sommes 4 dans la salle d'écoutes et le malaise s'installe: c'est très chaud...
Allez salut, je remonte de la cave, Thierry Samoil (le patron du mini lieu) est là. Le contact est très bon, direct, efficace, simple: on aime.
Oui il m'arrive de parler de moi à la 3ème personne du singulier... et alors.
Ces Stradivari sur mes ATM3, pourraient bien être une association mortelle donc définitive.
J'ai chroniqué assez peu de concerts depuis l'ouverture de ce blog. Non pas par paresse, pas par oubli non plus, pas plus que par absence de matière et là je sens qu'il faut cesser immédiatement l'abus de pas et de plus au risque d'être stylistiquement...lourd.
Trop tard hélas.
Mon thème favori baptisé en son temps "oberkampfisation" des espaces de culture, n'y est pas pour rien. La qualité médiocre de productions poussives a fini d'achever mes derniers élans romantiques et tarit ma plume à jamais (?). Non quand même pas. Je suis aussi animé par cette dualité cruelle qui me pousse encore à sortir, malgrè mon âge "avancé", un dos douloureux, des oreilles sensibles, une culture musicale "consistante" voire "suffisante parfois" et des amis lâcheurs qui ne sont pas frappés par le même syndrome jeuniste que moi.
Et puis c'est arrivé en cet an de grâce 2011, plus précisément ce lundi 9 mai à 21h, j'ai assisté à un miracle, et je propose sur le champ que l'on canonise le bienfaiteur, le miraculeux, le divin, l'unique Sufjan Stevens.
Je n'aime plus les classements depuis l'époque où jeune écolier j'ai du me résoudre à admettre qu'un autre pouvait occuper à ma place cette position première.
Cette déchirure....mais passons.
Je ne vous dirai donc pas que j'ai assisté au plus beau concert qu'il m'ait été donné de suivre dans ma vie. Concert n'est d'ailleurs pas le terme le plus approprié pour qualifier cet instant d'éternité. J'ai assisté à une Performance indescriptible, dans sa dimension artistique la plus absolue.
Le choc a été tel, dès les premiers instants qu'il a fallu que je me pince, voire que je questionnasse mes voisins pour savoir si je ne m'étais pas trompé de salle.
Comme je l'ai déjà raconté en d'autres temps, ormis le dernier album "The age of Adz" le reste de la discographie du prophète Stevens (je ne parle pas ici du Cat, vous suivez?) avait très souvent déclenché en moi une vague vague soporifique (le doublement de vague est ici voulu). Je m'étais donc préparé, doux euphémisme d'un préjugé tenace, à une soirée post68arde attardée, avec guitare sèche (unplugged for the english reader), cheveux longs et voix trainante entre un temesta et 2 lexomil.
Mais Sufjan est immense...
Je ne sais plus comment commencer cette chronique, les mots sont vains face au divin.
Je pourrais égrener un chapelet ostentatoire et dithyrambique, d'adjectifs plus merveilleux les uns que les autres, mais cela ne serait pas encore assez fort et puis, déjà vu (very private joke).
Une performance visuelle et sonore totale, picturale, sculpturale, temporale, sidérale...
Une troupe bigarée à mi chemin entre une scène de sacrifice aztèque et Tron pour les costumes fluos géométriques. Sufjan tel Huitzilopochtli exhortant sa troupe joyeuse à faire chavirer le peuple mortel sur l'hotel "Olympiaque". De la gaité, de la joie légère qui pénètre l'âme, transperce la chair et avant toute chose de la Musique. Epoustouflante, que diable le qualificatif est faible. Des guitaristes, pas secs mais "gorgeous", j'aime ce mot, il fallait que je le place. Des cuivres par trois, des percussions par 2, des arrangeurs, des bruiteurs, des tortureurs, des envouteurs de son partout: bref un rendu sonore sublime.
Et que dire des 2 choristes, danseuses, performeuses, sorties d'un autre monde, d'une scène improbable au détour d'une rue en Avignon en plein festival. Des chorégraphies décalées, légères, mutiques, mutantes, tour à tour élégiaques et euphoriques, mixant en un improbable cocktail Simon le Bon sous l'emprise de substences illicites et Pina Bausch ivre.
Des images, des toiles, des oeuvres d'art, des projections de parcelles intergalactiques du "prophète-peintre" Royal Robertson, apocalyptiquement joyeux sur cet écran géant, que dis-je sur cette perspective de chemin en fond de scène, ou suivant sa croyance cette pyramide ététée. La finalité reste la même: accéder au ciel, au paradis, à l'enfer si le coeur vous en dit, il y fait chaud parait il.
Les lumières, pardon cette farandole étincellante, ces choix tout simplement "jamais vu" jusqu'ici, comme ce grand rideau tranlucide descendant devant la scène et servant de support au laser et autres joyeusetés éclairantes, créant une 4ème, une 5ème dimension une nième dimension au spectacle, je chavire, je me transporte vers un au-delà lumineux.
Je suis venu, j'ai vu, j'ai entendu et j'ai pleuré (si si) comme beaucoup de gens autour de moi, irradiés de bonheur dans ce qui restera pour moi comme un des plus beaux moments de magie que la vie m'ait permis de vivre. Inquiet de devoir quitter ce lieu et de retrouver la vraie "vie". J'ai vécu un rêve, un rêve éveillé de plus de 2 heures.
Juste avant la nuit, celle qui vous enveloppe, vous enlace et vous traîne à ses pieds dans un profond sommeil. Un dernier sursaut pour parler de ces trois moments de pur génie musical. Deux albums qui ne sont pas les dernières nouveautés du moment, mais qui tournent depuis plusieurs mois sur mes platines sans que je ne puisse me résoudre à les ranger.
Micah P Hinson tout d'abord & the Pionner Saboteurs, pochette de gauche qui résume à elle seule ce bouleversant album. Une épopée à se damner sans hésitation, sans coup férir, un artwork à mourrir comme sur tous ses albums. C'est une anthologie du songwritting, servie par une voix sépulcrale envoutante. "A call to arms" donne le ton et ouvre la voie, la suite est une ballade initiatique extatique, sublime. Quelques pépites élèvent encore le niveau à des hauteurs vertigineuses, comme "Seven horses seen", "The cross that stole..." "The letter at twin wrecks" ou encore le très "flotation toy warningesque " et ses nimbes électroniques "She's building up castles in her heart". Le final est quant à lui un chef d'oeuvre habité par des fantômes, une lente éxortation, un retour des enfers et soudain la lumière...
Sufjan Stevens à ma droite et son Age of ADZ. Pour tout dire je n'étais pas un adepte du concept créatif fédéraliste animant les premières créations du sieur. Mais ce dernier opus est habité par je ne sais quelle force intérieure. Dans les 3 chefs-d'oeuvre dont je vous parle ce soir, la folie est là qui nous guette. Celle qui dévaste mais qui pousse aussi dans des contrées ignorées de l'être, de l'âme. Elle est faite de ce charbon humain d'où jaillit parfois une lumière céleste. Comme sur l'onirique "Now that i'm older", Sufjan revisite les méandres d'un enfermement vécu il y a peu pour délivrer une poétique lumineuse et enfantine, à la manière d"un Artaud griffonant d'encre sa page.
"Vesuvius" en est le paroxysme définitif, le "maître" étalon du songwritting...
Deux écritures complémenta ires enracinées au plus profond de leur chair, visites obscures de leurs âmes hantées.
Enfin Josh T Pearson pour se laisser définitivement aller dans des méandres tortueuses et torturées. Une écriture céleste, inspirée, habitée et même si vous ne croyez pas ou plus en Dieu vous sentirez un souffle chaud vous effleurer l'échine. J'en tressaille encore. J'en suis fou même. L'enregistrement est de toute beauté, immédiat, charnel, cela confine à l'ascèse.
Album sans équivalent, magnétique et complexe dont on ne sort pas idemne...
Bonjour à tous, comme vous avez pu le constater j'ai de plus en plus de difficultés à assurer une présence continue sur ce blog créé il y a 6 ans maintenant.
Il est temps je crois de le faire évoluer vers une autre formule tout en gardant l'esprit d'origine.
Je lance donc un appel officiel pour ouvrir ces pages à de nouveaux acteurs. Si vous souhaitez participer activement à la poursuite de cette aventure tant au niveau du contenu que de la forme vous êtes les bienvenus.
Contactez moi et rencontrons nous pour en discuter.
Oui je vais bien, je vais même très bien. J'ai très peu publié depuis 12 mois, la faute à une activité professionnelle très intense (doux euphémisme), une baisse d'intérêt pour la chose hifiste (laid forum) et la reprise des visites des salles de concert (gai savoir). Et voici donc ma réalité du moment, une paire de Vulcain Aïda 1ère génération avec un pied peu usité, un McIntosh Mc225 de la grande époque avec une batterie de tubes NOS chinés de ci de là, un préampli Accuphase C240 d'une autre belle période avec ses 2 entrées phono dantesques (cela rappellera quelques souvenirs aux anciens visiteurs du Passage de la Vierge) et un retour chez Meridian pour la lecture CD avec le G08.
Je me souviens de ce que me disait il y a quelques temps le propriétaire d'un haut lieu de la hifi à Paris: "la hifi il y a ceux qui l'écoutent et ceux qui en parlent". Parfois homme de radicalisme, j'aurais pu faire mienne cette maxime, mais en écrivant ces lignes je me rend compte que je la trahis. Je ne peux choisir entre ces deux extrêmes. Je navigue donc entre les 2 rives de ce paysage musical charmant. J'écoute toujours autant de musique, et si mes moyens me le permettaient en cet instant je serais de nouveau prêt à toutes les folies. J'étudie même la réalité d'une nouvelle tournée d'auditoriums en France et en Belgique dans les semaines qui viennent, afin d'assouvir mon appétit "auditif", ma curiosité pour les belles choses et la réécriture de ces résumés qui me soignent...
« Le concept de vérité, compris comme dépendant de faits qui dépassent largement le contrôle humain, a été l'une des voies par lesquelles la philosophie a, jusqu'ici, inculqué la dose nécessaire d'humilité. Lorsque cette entrave à notre orgueil sera écartée, un pas de plus aura été fait sur la route qui mène à une sorte de folie - l'intoxication de la puissance qui a envahi la philosophie avec Fichte et à laquelle les hommes modernes, qu'ils soient philosophes ou non, ont tendance à succomber. Je suis persuadé que cette intoxication est le plus grand danger de notre temps et que toute philosophie qui y contribue, même non-intentionnellement, augmente le danger d'un vaste désastre social.»
Pour Nishida, l'expérience naît là où les faits apparaissent tels qu'ils sont, c'est une connaissance que nous acquérons en nous soumettant à la réalité des faits, sans artifice intellectuel. La différenciation du sujet et de l'objet est toute relative, elle n'intervient qu'au moment où l'expérience perd son unité. L’observation se déroule dans le présent, où ne se tient aucun jugement, elle est simplement conscience immédiate. L’acte réflexif de la pensée est issu de conflits, la recherche d’une solution conditionne l’unicité de conscience ; ainsi la pensée se réalise dans l’action : l’expérience pure et la pensée ne sont que deux visions d' un seul et même évènement. Alors la vérité, comme l’objet, n’est pas séparée du sujet. Elle est l‘unicité de nos faits empiriques
Ludwig Wittgenstein
La totalité de la réalité est le monde. L'image, dit Wittgenstein, est un modèle de la réalité et pourtant elle peut être vraie ou fausse: « Une image pour expliquer le concept de vérité : une tache noire sur un papier blanc ; la forme de la tache peut être décrite en disant pour chaque point de la feuille s'il est blanc ou noir. Le fait qu'un point soit noir correspond à un fait positif - le fait q'un point soit blanc (non noir) à un fait négatif. Si j'indique un point de la surface (une valeur de vérité fregéenne), ceci correspond à une hypothèse proposée à un jugement, etc., etc. » « Mais pour pouvoir dire qu'un point est noir ou blanc, il me faut tout d'abord savoir quand un point sera dit blanc et quand il sera dit noir ; pour pouvoir dire « p » est vraie (ou fausse), il me faut avoir déterminé en quelles circonstances j'appelle « p » vraie, et par là je détermine le sens de la proposition. » « Le point où la métaphore cloche c'est celui-ci : nous pouvons montrer un point de la feuille de papier sans savoir s'il est blanc ou noir ; tandis qu'une proposition détachée de son sens ne correspond à rien, car elle ne dénote aucune chose (valeur de vérité) dont les qualités puissent être dites vraies ou fausses ; le verbe d'une proposition n'est pas « est vrai » ou « est faux », comme le croyait Frege, - mais il faut que ce qui « est vrai » contienne déjà le verbe.»
Alfred Tarski
La conception de la vérité d'Alfred Tarski était celle d'Aristote, Frege, et Russell : l' accord de nos jugements avec la réalité. Cependant, le développement des langages formalisés avait mis au clair les rôles différents de la sémantique et de la syntaxe. On ne peut dire qu'une formule, qui est une suite de symboles, est en soi « vraie » ou « fausse ». Le qualificatif de « vrai » ou de « faux » ne s'applique qu'à des énoncés, lesquels résultent de l'interprétation des formules dans un modèle. La notion de vérité est définie en disant qu'une formule est satisfaite par un modèle. Ces idées, alors à la base de la nouvelle théorie des modèles, n'ont pas été sans influencer Karl Popper.
Jürgen Habermas
Le problème pour Habermas est qu'il n'est pas possible de s'abstraire du langage pour mesurer notre usage de ce même langage. Tout énoncé est un élément de réalité, une réalité déjà imprégnée de ce langage. Cela n'est pas sans conséquence sur le rapport entre vérité et communication. Les doutes quant à l’intuition réaliste et universelle associée à des concepts tels que la vérité résultent d’un tournant linguistique qui a transféré le critère de l’objectivité de la connaissance, de la certitude privée à la pratique publique de justification propre à une communauté de communication. Cette difficulté est surmontée en science par une méthodologie fondée en dernière analyse sur un scepticisme qui n'est pas opératoire ailleurs, où il conduirait à la mésentente entre interlocuteurs. La vérité des énoncés ne peut se justifier qu'au moyen d'autres énoncés, ce qui avait fait dire à Rorty qu'il ne nous était pas donné de transcender nos croyances. En réaction contre Rorty, Habermas met en avant la nécessité d'un monde qui existe indépendamment de nos discours, et donc de l'existence d'un horizon d'entente qui dépasse le seul cadre scientifique. Cet horizon d'entente ne présuppose d'ailleurs pas de se donner comme but un consensus ultime.La personne qui s’engage dans une discussion en ayant sérieusement l’intention de se convaincre de quelque chose en échangeant avec d’autres doit supposer que ces derniers ne soumettent leurs affirmations à aucune autre contrainte que celle du meilleur argument. "
J'ai à quelques jours d'intervalle pu assister aux concerts de deux chanteurs français qui m'ont fait vibrer ces dernières années. Je m'en vais vous conter cette mise en perspective croisée.
Dimanche 30 janvier 2011, Le Palace, Christophe boucle sa tournée marathon dans un lieu sentant le stupre et le souffre. Il règne cependant une atmosphère diaphane, un voile de fin de journée. Une fin de dimanche, quand Paris somnole, quand Paris traîne et se perd, quand Paris se lève avec la gueule de bois. Cette fin de journée est terriblement romantique, un brin mélancolique.
J'appréhende un peu, pour tout dire. Je crains le rassemblement du 3ème âge, venu vénérer l'idole de, feu les jeunes, et reprendre en coeur sous les briquets, Aline. J'ai peur de trouver là, l'homme parfois entrevu sur des écrans pâlots, communicant cahotant, arc-bouté sous des tensions insupportables....
Un peuple bigarré nous attend à l'intérieur, un peuple calme et apaisé, pas d'hystérie, pas de frénésie de mauvais aloi. Je sens entre les rangées un calme absolu, une grande sérénité, un respect majestueux...
Le concert commence, avec une première partie reprenant la plupart des titres du dernier album "Aimer ce que nous sommes". La scène est belle, la musique travaillée, recherchée, aboutie. Les 3 musiciens jouent une partition de complicité et de virtuosité autour de Christophe, les boucles éléctroniques s'enroulant avec majesté autour de sa voix. Je cherchais l'attribut le plus juste pour qualifier cette dernière, les mots sont futiles, l'émotion subtile. Car ma plus grande surprise est là. La voix! Quelle voix! Alternance sensuelle de suavité et de tension, avec une justesse de tous les instants. Enfin, cette présence d'une douceur absolue, tout en finesse et en intelligence, avec des moments de partage originaux, drôles, infiniment beaux, comme ce tour de magie improbable. Même les petits flottements se transforment en instants de grâce. C'est un chêne flamboyant, tirant son énérgie des ondes terrestres musicales, je le sens vivre paisiblement sa musique, rayonner, irradier la salle de cette belle lumière.
La seconde partie fera la part belle à l'Histoire, avec des arrangements modernes mais respectueux des canons éternels. Tous ces titres n'ont pas pris une ride, et le dernier des dandys tout en sensualité retenue touche les âmes.
Des rappels, un peuple debout, en apesanteur, en altitude l'"air" se raréfie mais les refrains sont puissants.
Il quitte la salle, s'accroche un dernier instant, l'astre s'éclipse en un dernier salut.
"...Le crépuscule est grandiose Peut-être un beau jour voudras-tu Retrouver avec moi Les paradis perdus..."