Bel exemple de la témérité déployée par certains exposants, avec ici les toutes nouvelles enceintes 2 voies Rockport Alya "poussées" par le "kolossal" Colosseum de chez Gryphon, un préampli Gryphon Mirage?, et une source intégrée emmLabs, le tout cablé en Fono Acustica Armonico. Atmosphère de clair obscur pour cette démonstration made in "Fusion Acustic".
J'attendais beaucoup de cette écoute que j'avais réservée pour la fin de mon périple. Oui je voulais finir sur une bonne note. Cela n'aura pas été le cas malheureusement. Un manque de tempérament évident, de la dentelle bien ciselée mais peu d'inspiration. Non, au regard de l'armada déployée pour faire sonner les très discrètes Alya le résultat est très décevant. Voilà je lui ai trouvé un surnom: la discrète.
A 30k€ la paire de 2 voies, je vais sans hésitation me diriger vers une Magico Mini II (elle n'est plus au catalogue certe, mais c'est pour renforcer le trait), une "biblio" assumée, et de quelle façon.
Toujours au dernier étage un quart d'heure de patience me permet de faire l'écoute des toutes nouvelles Dali Fazon F5 accompagnées des électroniques Audionet de retour en France, après une brève éclipse. Un ampli intégré de la marque, pilote les "petites" Dali. Oui la première surprise est leur taille "ridicule" très "WAF" pour reprendre un terme cher à l'audiophile dépité. Leur forme originale mais pas révolutionnaire puisque déjà vues au moins deux fois (je cherche encore désespérément les marques dont une française il me semble mais peu importe) les distingue du reste de la production. Petite donc mais efficace, tout d'abord en terme de capacité à remplir l'espace proposé, qui est d'un beau volume faut il le préciser. Passées les premières minutes déstabilisantes, il faut dire que le MC à l'oeuvre, un ami allemand à l'anglais charmant, vient de nous passer en guise de mise en bouche un Carla Bruni. Il nous déclare tout de go être sous le charme non pas des mignones "Dali", mais de la femme de notre président dont il apprécie le sens du tempo et la délicatesse du phrasé. L'axe "Franco-Allemand" n'est plus une utopie. Mez' amis, lévons nous et chantons une pétite chanzon:
"Quatre consonnes et trois voyelles c'est le prénom de Raphaël,
Je le murmure à mon oreille et chaque lettre m'émerveille,
C'est le tréma qui m'ensorcelle dans le prénom de Raphaël,
Comme il se mêle au "a" au "e", comme il les entremêle au "l", Raphaël..."
Au final même si les "Fazon" ne s'en sortent pas trop mal, il n'y a pas de quoi casser 3 pattes à un canard, ni 2, ni 1 d'ailleurs. Un bon produit, bien marketé, bien fini, logeable dans tous les intérieurs avec cette touche "design" qui pourra plaire à certain(e)s. Elles pourront trouver place aux côtés du Parrot ziKmu de Ph. Starck et de l'AeroSystem One designed by JM Jarre.
Je sors dans le couloir le moral en bandoulière, un peu frustré, un brin mossade... Je ne peux pas quitter ces lieux sur une telle note (je ne parle pas de la qualité musicale de l'oeuvre de Carla Bruni-Sarkozy). Dans ces cas là pas d'hésitations, il faut revenir aux basiques, aux valeurs sûres, à la pierre, à l'or en barre, direction Goldmund.
Retour au -1 "salon Louis Armstrong B". Oui je sais la dénomination des auditoriums aurait pu être plus glamour, on sent le brainstorming féroce, ou peut être, l'abus de breuvages euphorisants un midi lors d'une réunion, que nous, français, aimons conjuguée avec le goût et avec goût, n'est-il point?
Jefferson est parti déjeuner. Comme quoi.
L'ensemble Goldmund ci dessus n'est pas en démo. En revanche sur le côté droit de la pièce une "composition" épurée joue pour...personne.
Je m'assois. J'écoute. Je m'étonne. Je me redresse. Je tends l'oreille. Je sors mon appareil photo. Je mitraille doucement. Je range mon appareil photo. Je suis là. Je suis bien. C'est très bien. C'est quoi. C'est ça...
Une Tanagra Iris accompagnée par un full Goldmund très discret pour une fois.
Cela marche admirablement bien. Le concepteur des enceintes répond à quelques interrogations d'audiophiles perplexes (oui l'audiophile est facilement destabilisé par ce qu'il feint de ne pas comprendre, car l'audiophile feint souvent. Il feint d'entendre, il feint de ne pas entendre, il feint parfois d'entendre ce qui ne s'entend pas et de ne pas entendre ce qu'il feint d'entendre, vous me suivez? Je sais il est tard). Tanagra est le résultat d'une cission chez Apertura. Le monsieur est parti avec les caisses, pour refaire sa vie, un divorce à l'italienne, d'un grand classicisme je vous dis.
Voilà, un petit instant magique en compagnie de cet ensemble. C'est précis, c'est juste, avec de la matière. Les timbres sont admirables de raffinement, le grave est articulé, c'est fluide et rapide comme le vent, la musique vit en ce lieu et c'est un réel plaisir. Merci messieurs.
A très bientôt.
