Bonsoir. Je reprends un peu de service suite à ma visite aujourd'hui au salon "Haute Fidélité" à l'hôtel Mariott dans le XIVème.
Petit propos liminaire pour définir le périmètre de cet exercice toujours délicat du compte rendu d'écoute lors d'un salon. Il ne s'agit pas ici d'organiser un bal trap, et mon expérience du thuriférariat s'est malheureusement arrêtée il y a de nombreuses années. Je vous vois sourire, je ne regrette pas cette période, et aucun brin de nostalgie n'effleure les touches de mon clavier. Pas de concessions ou si peu, juste un ressenti sur des systèmes complets. Délicat donc au regard du peu de temps consacré à chaque écoute d'isoler tel ou tel composant.
Le premier commentaire ira à l'assistance, nombreuse en ce samedi matin dès l'ouverture. Le nombre d'exposants est assez ramassé cette année. L'organisation des écoutes demanderait vraiment à être une bonne fois pour toute établie avec des écoutes alternées pour les auditoriums mitoyens de 1/2 heure en 1/2 heure pour éviter la cacophonie et les va et vient permanent avec claquements de portes et j'en passe. La médaille d'or reviendra incontestablement au salon Steinway où il fallait s'inscrire pour pouvoir écouter le système. Des files d'attente, de la frustration, parfois même un peu d'énervement, tout ce que j'aime et qui colle si bien à l'aspect exceptionnel de cette présentation.
Je commence par la fin, et amateur de paradoxe par la seule écoute que je n'ai pas faite, justement sur le système Steinway, qui bénéficiera du doute pour aujourd'hui. Je vous glisse quand même une illustration au déboté que j'aurais pu sous-titrer en paraphrasant un chanteur "mièvre" "Voir sous les jupes des filles...".
C'est parti. J'ai débuté mon pélerinage par ce qui représentait mon objectif majeur du jour, j'ai nommé Audionec. Et j'ai cru en franchissant les portes du salon "le pont des arts B" (sic) que les fées s'étaient penchées sur mon lit ce matin.
Dès les premières notes la musique prend vie (j'ai déjà entendu cela quelque part, pas vous?). En résumé c'est d'une évidence absolue. La scène, les plans, les timbres sont là. Les timbres nous y reviendrons tout au long de cette journée car beaucoup de systèmes en ont manqué. Je sais c'est le genre d'hyperbole qui agace le "pragmatique". J'ai eu à un certain moment la sensation que la hifi moderne tout en se renouvelant avec le disque vinyle (comme quoi je ne suis pas le seul adorateur du complexe et du paradoxe), avait une fâcheuse tendance à l'épure pour ne pas dire de décharnement. Mais je m'égare.
Peu de tubes d'ailleurs il me semble...
Une très belle écoute chez Audionec, pour revenir à ce qui vous intéresse, avec toutes les composantes qui font que la hifi continue de me séduire par son inventivité et sa capacité à restituer des émotions rares. Une foison de détails dans un ensemble homogène et juste, un accord majeur. J'aurais pu rester dans cette salle toute la journée et bien m'en aurait pris.
Ah, j'allais oublier, le seul petit bémol reste le look improbable de ses vecteurs sonores, à mi chemin entre un vaisselier designer par Jusles Verne, un droïde oublié de Star Wars III et une tentative avortée de mobilier urbain pour la ville de Dôle.
Je n'ai rien contre la ville de Dôle faut il le rappeler.
Acte 2: preuve de ma grande magnanimité et de ma grande ouverture d'esprit je me décide à entrer dans la salle "Triangle", où l'équipe d'Espace Cinéma renforcée pour le coup par une armée Triangulaire s'apprête à lancer la bête Magellan soutenue par une escouade Accuphase.
Je crains le pire et je me trompe, tout du moins dans un premier temps. L'ensemble n'est pas trop montant (la tempérance Accuphase!), et le message semble plutôt cohérent. Ne nous emballons pas, je n'ai pas ressenti le grand frisson. Et quand on envoie enfin du message lourd et complexe, les choses se gâtent un peu. Le grave ne semble pas vraiment articulé, l'homogénéité de l'ensemble se distend et l'émotion ne passe hélas pas encore pour moi. La salle est grande et pleine, et le public attentif et courtois puisqu'il écoute religieusement sans quitter la salle en douce.
Je ne passerais pas encore mes vacances avec M. Triangle cet été, et je le regrette sincèrement.
Acte 3: je change d'étage. Me voici au niveau -1 dit "les clubs de jazz". Direction la salle trois. 2 systèmes sont en place autour d'enceintes Verity Audio, les plus petites sont en démonstration, il me semble reconnaitre des Parsifal, un disque vinyle tourne sur une platine Kuzma et l'amplification est entre les mains d'un Nagra 300i. C'est beau. Le vinyle à
ce niveau est magique. La Parsifal est une enceinte vraiment bien timbrée, la scène sonore est parfaitement crédible, les plans sonores sont clairement définis, c'est dynamique, c'est détaillé, aéré, une très belle écoute. Je ne sais pas si c'est charnel, et si cela peut donner des frissons tous les jours mais là ça marche. Le lecteur Nagra CDC prend le relais et cela opère toujours. Je suis repassé dans la journée pour écouter les grandes soeurs et les puristes vont m'en vouloir car je n'ai pas regardé quelle référence était en démonstration: Amadis? Sarastro? avec du Dartzeel sur scène. Et là une déception mesurée mais une déception quand même. Trop "chichiteux", là où les Parsifal étaient justes, les "grandes" en font trop dans le détail, dans l'articulation, je repars.
Acte 4: je me prosterne devant toi au grand totem de la hifi. Deux Blades se dressent là dans la salle "Miles Davis" tels 2 menhirs à Carnac. A leurs pieds d'autres menhirs couchés cette fois avec 2 Pass monumentaux. Je peux dire que l'ensemble à une gueule certaine pour ne pas dire qu'il en jette grave. Passera-t-il le supplice du Cd mystère. J'ouvre ici une petite parenthèse musicale sur les enregistrements dont on m'a abreuvé aujourd'hui. Tout d'abord pas un seul Masekela à l'horizon et c'est un premier miracle. Il n'y en aura pas d'autres hélas. Comment dire, il y a de plus en plus de disquaires dans ce genre de manifestations (Elite Diffusion, Jazzybird, Quobuz...), mais toujours aussi peu de surprises. Non personne pour passer Brigitte et son "Benz benz benz...". Encore quelques disques de démo qui trainent de ci de là. En fait là hifi est un peu comme la course cycliste, il n'y a plus d'EPO parait il. Et que dire de certains choix absurdes qui provoquent des désertions massives de salle sans aucune réaction du DJ en place. Certaines marques font appel aux "figures" de la démonstration hifiste, sortes de "parrains" d'un autre âge, qui faute de culture musicale ou de capacité pédagogique nuisent plus qu'ils ne valorisent le message. A quand un véritable "show" musical avec de l'histoire de la musique, des anecdotes pertinentes, un vrai travail de mise en valeur quoi(je sais je rêve).
C'est la fin de ce premier chapitre... ah pardon, oui, les Blade, commment dire, c'est un peu comme cette jolie fille blonde que vous avez draguée l'autre jour et qui vous a regardé droit dans les yeux en vous disant "qu'essss ta boloss". Voilà on ne fait pas partie des mêmes choses, nous ne concourrons pas du même principe, en d'autres termes il n'y avait pas de quoi se prosterner, je me redresse d'ailleurs. Ecoute montante ce qui est un comble avec du Pass et de la confusion dans le bas du spectre. Peu ou pas de timbres, une écoute assez neutre et lisse au final. Déçu. A réécouter peut être avec d'autres électroniques. Dommage car je les verrais bien dans mon salon.
A plus tard...

enfin du nouveau sur votre blog ! en tous les cas a défaut de quantité, la qualité de vos sujets est remarquable. En espérant que vous continuerez!
Cordialement.
Rédigé par : pierrejean | 13 novembre 2011 à 13:08
Tout les gouts sont dans la nature.
Le système audionec est plat sans profondeur aseptisé désespérant !
Par contre le petit système Steinway magnifique !
Rédigé par : franck | 13 novembre 2011 à 10:46