Une de mes enceintes préférées, mais cela va finir par devenir un sacerdoce à force de démonstrations calamiteuses et d'assemblages loufoques.
Encore une reflexion d'ordre général concernant ce salon. Beaucoup d'importateurs et de fabricants y exposaient et pas ou plus aucun magasin en propre. Le rapport de force serait-il en train de changer? Ou plutôt les fabricants ont-ils enfin pris conscience du peu de valeur ajoutée qu'apporte bon nombre de magasins en France. La conséquence de cette redistribution, si cette analyse est juste ne va pas vers une démocratisation des prix dans notre beau pays. Et pourtant la hifi y est encore trop chère comparativement aux autres états majeurs européens comme l'Angleterre et l'Allemagne.
Autre constatation, l'étrangeté de certaines compositions, assez éloignées des canons habituels voulus par les ayatollahs de ce sombre univers. Nous sommes ici assez loin du sacro-saint équilibre entre les différentes composantes d'un système équilibré, qui voudrait que l'enceinte représente 30% du budget, les électroniques 30%, la ou les sources 30%, et les accessoires le reste.
Il faut bien reconnaître que l'exemple ci dessus, Avant Garde Duo Omega drivées par un Micromega intégré fusse-t-il "révolusonnaire" va encore conforter l'intégriste hifiste dans ses convictions.
J'en fini donc avec cette écoute, qui fut pour moi la plus effroyable réalisée sur base de Duo Omega.
A ma droite la sublimissime Kharma Elegance (dB7?), clin d'oeil Aston Martinien? en démonstration dans le salon neo high-tech Devialet. Un peu de "bousculage" des conventions hifistico-saloneuses. De petits fauteuils "poufs" au design improbable peuplent ce carré de moquette, tel des champignons boursoufflés mais non comestibles. Pour le coup ils sont particulièrement inconfortables, rebondissants et "indécents". Je n'aurais pas voulu être une femme et me poser négligemment sur ce réceptacle, sauf à aimer les sensations coquines solitaires. Je divague à nouveau. Le risque est très limité au final, n'ayant croisé en tout et pour tout que 2 représentantes de la gente féminine en la présence des hôtesses Steinway. Le monde de la hifi reste comme celui de l'automobile un univers bien masculin et impitoyable. Je m'interroge parfois tard le soir, si un jour à l'instar du salon de l'automobile nous verrons des jeunes femmes "courtement" vêtues prendre des pauses languissantes sur une Davis Karla...
Non nous n'en sommes pas encore là, jusqu'à l'année prochaine tout du moins.
Reprise.
Enceintes Kharma, ampli/source/dac/micro ondes/ miroir/ plaque vitro céramique Devialet. Encore un exemple de cette propension à transgresser les idées reçues de la hifi. Je me suis déjà longuement exprimé sur cet appareil. Design sublime, marketing exceptionnel, innovation performante, le génie français tel qu'il existe chez nous et ce n'est pas une boutade. Mais bon de là à faire rugir de plaisir des Kharma ou des Focal de la gamme Utopia... Et mon expérience d'hier vient confirmer la règle. Les Kharma étaient "tenues" mais bridées, le message écourté ou mal délivré dans le grave encore une fois, un peu comme les "champignons" du dessus, boursoufflé. Une écoute générale sans âme, sans vie. Mais tout le reste est parfait. Tout dépend donc de ce que l'on attend avec ce genre de produit. Si c'est aller "taper" du client chez B&O, la voie est royale.
Juste à côté: Ktêma sur un ensemble full Accuphase. Une très bonne surprise sur le fond, même si la forme me laisse encore rêveur. Le démonstrateur, figure de la hifi parisienne dont j'ai oublié le nom, il me pardonnera, a du faire ses classes au Club Med en 1975.
Bref les Ktêma sortent du cerveau manifestement fertile de Franco Serblin concepteur des Sonus Faber qui après avoir vendu son entreprise au fond d'investissement Quadrivio déjà propriétaire d'Audio Research, est allé planté sa tente dans le champ d'à côté. Le design n'est pas très éloigné des SF, on sent la filiation immédiate, la recherche obsessionnelle de relation entre le coffre de l'enceinte et l'instrument de musique (ici violoncelle ou contrebasse), jusqu'aux petits évents latéraux en forme de frise.
L'écoute est très plaisante avec une belle cohérence des registres, une assise dans le grave sans faille, de la maîtrise et de la tenue. Le medium aigu est similaire au SF avec de beaux timbres. La scène est elle aussi cohérente en largeur et profondeur. Les détails affluent sans être omniprésents, en bref la musique déroule avec aisance et sensualité. Une belle écoute à confirmer.
Deux nouvelles constantes du monde de la hifi en résonance avec les Ktêma, à savoir la consolidation avancée sur tous les segments du marché depuis l'entrée de gamme, jusqu'au très haut de gamme. Le dernier exemple en date étant le mariage entre Focal et Naim. D'autres transferts se sont opérés ces dernières années avec moins de publicité, mais avec tout autant d'efficacité. Enfin le loisir laissé aux propriétaires sortants, de recréer des marques un peu plus loin sans inquiétude, est très exotique.
A suivre...

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