Magico Q3 comme vous ne l'avez jamais... vu
J'ai joué avec les nerfs de certains ce weekend en me fendant de ce premier compte rendu peu habituel pour ne pas dire décalé. Alors à tous les adorateurs du CR académique je vais de ce pas m'exécuter (cela reste une image bien entendu, j'ai cru entendre applaudir chez Devialet: humour).
Et puis ne dit on pas qu'il y a ceux qui écoutent la musique et ceux qui en parlent? J'ai décidé d'en parler ce soir.
Tout d'abord je dois reconnaitre que la force de l'âge, même si j'ai su rester très jeune, ajoutée à ce que l'on appelle couramment l'expérience me permettent de ne plus être impressionné par l'étalage de richesse aussi grand fut-il. Je crois même pouvoir dire qu'une certaine distance, garder je sais (et non en un petit personnage vert bien connu, je ne me suis pas transformé).
Ce petit préliminaire opéré, l'écoute de cet ensemble qui pour rappel était composé comme suit:
Ampli Soulution Stereo Amp 710
PréampliSoulution Preamp 720/721
Lecteur intégré Soulution Sacd Player 745
Préampli phono Soulution 750 phono stage
Platine vinyle Spiral Groove SG 1.1 avec bras Centroid et une cellule Lyra (? pour la référence)
Câblage Kharma Enigma Signature
m'a laissé un sentiment douloureux, un goût amer. Non pas parceque je me suis allégé de quelques dizaines de milliers d'euros pour l'acquérir, mais parcequ'il a renvoyé certains de mes enregistrements fétiches aux oubliettes de la production musicale.
Séquence souvenir: vous avez comme moi pu lire ici ou là sous la plume de grands journalistes hifistes, que tel système ne pardonnait rien. Je l'ai durement mis en pratique lors de cette écoute.
Le premier choc est là. Il est toujours très déstabilisant pour ne pas dire plus, d'entendre sonner ses disques de manière aussi saugrenue pour certains d'entre eux.
Et pourtant c'est bien cela le respect de la réalité dont on nous rabat les oreilles à longueur de chroniques et de commentaires nocifs sur certains forums. Ne pas proposer une reproduction linéaire et formatée de tous les enregistrements: n'est ce pas cela la haute fidélité?
Dès lors écouter de la musique devient un sacerdoce, un chemin de croix, une aventure humaine hors du commun, une quête...
J'ai péché par paresse, je l'avoue humblement ici devant vous. Je me suis lové dans le faux, le brillant, le confortable, le luxe aissé, la chair accueillante de mes amplis aux charmes rougeoyants. J'ai complaisamment écouté des ignominies trop maquillées, de la variété boursoufflée, des basses grossières, me suis satisfait d'images vulgaires et provocantes, me suis déhanché sur des scènes violentes et des lumières bizarres et j'en oublie. Mais mon Dieu que c'était bon.
Pour qui accepte la remise en cause, et une fois passés ces premiers instants troublants la suite est un Himalaya sonore, un Nirvana musical sans adjectifs, une évidence brutale et sauvage, une perfection quasi absolue.
Tout est ici cohérence, justesse, infinie grâce, méticuleuse sensualité. Mais aussi quand cela le réclame d'une sauvagerie sans limite, d'une puissance effrayante et jouissive.
Et ce sur tous les critères: scène sonore, timbre, dynamique, registres, plans etc... Tout est paroxistique. Comme ce Buckley élégant, racé, raffiné, divinement précieux: rare. Vous connaissez tous ma suspicion Massekelienne. Mais je reste sans voix devant ce que j'ai entendu ce jour là à partir d'un vinyle. Allez-y et vous ne pourrez plus jamais parler de dynamique, de contrôle, de tenue et de puissance avec les même mots.
Et que dire de ces 2 expériences intimes avec d'un côté Richard Galliano à l'accordéon reprenant une suite de Bach et le Hands de Dave Holland et Pepe Habichuela (une découverte pour moi, merci S&C). Deux instants de magie où le temps se suspend, les frissons vous traversent le corps, où il faut sortir de cette apnée qui vous entraine dans des abysses d'émotion. La pression est forte, un souffle, une inspiration, un silence, une larme, c'est beau.
Merci à Guy Boselli pour cette mise en sons...
Bonsoir.

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