Magico Q3, Soulution Stereo Amp 710, Soulution Preamp 720/721, Soulution Sacd Player 745, Soulution 750 phono stage, platine vinyle Spiral Groove SG 1.1 avec bras Centroid et une cellule Lyra Kleos, enfin câblage Kharma Enigma Signature.
Fin du casting et manifestement pas d'erreur. Que du beau monde, mais cela ne suffit pas toujours à faire un bon film...
Je suis bien chez Sound & Colours, Paris VIII, et Guy Boselli est mon hôte.
Ouvrez le bal.
Un détour par le petit auditorium où tourne une paire de Magico V2 alimentée par un Devialet (oui je sais), un lecteur Ayre est au manette.
Je me suis déjà largement exprimé sur cet amplificateur, et le comique de répétition ayant ses limites au même titre que la critique acerbe, j'écoute religieusement l'ensemble, avant de passer au grand auditorium dans lequel, les étoiles nous attendent.
Première impression, physique. Les Q3 sont 2 monolithes noirs, tels des totems kubrickiens, conjugant une masse inertielle diabolique et une élégante fluidité. Aucun doute je suis en face de 2 menhirs en hommage à Tezcatlipoca dieu de la musique fantasque (la musique ou le dieu c'est selon). Nous "toquons" aux parois à la recherche d'un son familier, une invitation à entrer, mais rien n'y fait, l'objet est "insondable". Nous nous asseyons.
Acte 1: la scène se passe à l'arrière d'une merco Benz Benz Benz, les "Brigitte" aux micros, une reprise d'NTM. C'est chaud, explicite et sensuel...
Acte 2: Josh T Pearson, sa guitare et cette peau qu'on arrache, un supplice intenable, une beauté absolue extatique raphaélique.
Acte 3: le mont Fuji, un quatuor improbable reprenant le sublimissime "windmills of my mind" du grand Legrand. Une version géniale, inspirée, brillante, mélomaniaque, champ, contre champ, un aigle passe, chant, contre chant, un ange passe.
Acte 4: le repère orthonormé, la pierre angulaire de toute écoute, le bien nommé "Per accompagnarti" du non moins bien nommé Testa (je sais limite sur ce coup). Cuba, des rues crades, des types au fond du bar qui jouent, des masses de fumées, se dispersant en circonvolutions lynchiennes, du velvet au pourpre.
Acte 5: "a fable", virtuose insouciance quand tu nous saisis simplement et joues avec nos sens. Tigran ce jeune pianiste envoutant, envouté, habité, nous délivre de tous nos maux. Un spectre. Un raie. Une transcendance. Une fulgurance. Une éternité.
Acte 6: une apothéose ironique, incongrue, incertaine, déstabilisante, déroutante, dérangeante. La suite n°1 pour violoncelle de Bach en son prélude. Mais quel est cet instrument pour le moins éclectique voire mythologique. Mi-basson, mi-tenor asexué. Mi-jazz, mi-tango. Mi-rouge mi-noir. Mi-clavier mi-hanche. Accordez moi le doute, l'accordéon de Richard Galliano nous à tous mis le doute. Très bel enregistrement.
Acte 7: Dave Holland & Pepe Habichuela, "Hands", au pluriel c'est bien ce qu'il faut pour un triomphe final, une apothéose majeure et sans aucun autre épithète, comme en forme d'épitaphe.
Acte 8 final: deux plages noires, sur Spiral Groove Avenue. Jeff Buckley "Allelujah", élégie raffinée, élégante, sensuelle. Le vinyle tout en nuance nettoie l'oeuvre de ces scories geignardes pour délivrer un message céleste. Et pour finir le petit transport Masekela "tchou tchou". Qui a dit que le vinyle n'en avait pas? Les murs viennent de reculer d'un mètre, et Hugh a défait mon brushing.
Ah, au fait les Magico Q3...
A très bientôt, bonsoir.

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