Je vais essayer de faire court pour une fois. La presse écrite audiophile a choisi son camp. La hifi est devenue un vrai champ de mines et la chasse gardée de vieux grognards « technichrates ».
Je trouve louable la tentative de travail pédagogique déployée par Jean Hiraga dans ce journal. Mais quel dommage que cela ressemble aux pages de la Pravda relues par un agent de la Stasi.
Merde nous sommes en 2012, comment peut-on encore faire du journalisme aussi daté et penser renouveler le genre? Je ne crois pas un instant d'ailleurs qu’ils veuillent sauver quoi que soit. Ils sont accrochés aux branches de la hifi et voient tomber les feuilles de leur jeunesse une à une, imparablement. Il leur arrive encore un peu de sève, de temps en temps repoussant le moment de la chute. Ne serait-ce pas le propre du conservatisme ?
Mais je m’égare à nouveau. Ces journaux ont fait le choix très conservateur de jouer le jeu avec les annonceurs-fabricants. Ce n’est pas une particularité de ce milieu non plus, mais la niche dans laquelle ils sont confinés rend le choix plus délicat. Quoi que? Il faut donc savoir lire entre les lignes et essayer de percer le mystère de la litanie des compliments, passer au chinois la dithyrambe dégoulinante (et non ce n’est ni une insulte ni une contrepéterie), réduire le verbe trop volubile pour enfin découvrir le suc lumineux.
Si vous pensez que Roellinger, Gagnaire et Darroze forment la 3ème ligne du Castres Olympique alors passez votre chemin. Si vous regardez Un diner presque parfait assidûment vous risquez de vous retrouver avec des bouses dans votre salon. Si TopChef vous émeut vous êtes sur la bonne voie mais attention de ne pas vous prendre les pieds dans les câbles en chemin. Enfin si le Tronçon de turbot cendré et ponctué d'anchois de la maison Troisgros n’a plus de secret pour vous, vous touchez au but mais cela restera quand même très difficile.
Et l’éternelle question reste posée, est-ce le faible lectorat qui rend la presse dépendante et assujettie à ses annonceurs et fait fondre sa crédibilité qui en retour affaiblit son lectorat? Ou inversement.Toujours là?
Y a-t-il un lectorat plus large pour ce type de marché ?
Et je me mouille en disant OUI. Mais en ouvrant les portes, en consolidant, en innovant. Un journal alliant l’art culinaire ultime et la haute-fidélité pourquoi pas, ou encore les musiques et la haute-fidélité. Pas très original non plus. Je n’ai pas dit non plus qu’il fallait faire du Diapason. Ou-vrir les fenêtres, les rideaux et les volets. Le sujet d’une note prochaine surement.
Bonne dégustation...

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